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« Albédo ! » pouvait-on, probablement, entendre dire Robert Nesta Marley à ses Wailers dans les rues de Kingston.

Mais c’est aussi un terme utilisé pour définir le pouvoir réfléchissant d’une surface et l’occasion pour moi de parler de rétroaction positive (qui n’a en fait rien de positive pour l’environnement). Plus exactement l’albédo c’est le pourcentage de lumière réfléchie par une surface. Une banquise « en bonne santé » a un albédo de 90%, une couche de glace plus faible 50% et un océan sans glace 6%.

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Le mécanisme est facile à comprendre : la fonte des grandes étendues glacées comme l’Arctique diminue leur albédo, ce qui à son tour renforce leur fonte… En effet les rayons solaires au lieu d’être réfléchis par ce miroir naturel plongent dans l’océan sombre et le réchauffent.

C’est ce qu’on appelle un mécanisme de rétroaction positive. Il en existe d’autres dans cette machinerie complexe qu’est le climat de notre planète (par exemple la libération du carbone stocké dans le pergélisol sibérien lors de sa fonte, les feux de forêt, la mort du plancton…).

1,5°, 2° ou bien plutôt 3° ? On nous présente le réchauffement climatique comme le thermostat d’un four où il suffirait de tourner le bouton de je ne sais quelles mesures politiques ou économiques pour atteindre la température souhaitée (ou plutôt ne pas atteindre la température non souhaitée)… C’est bien sûr un leurre auquel s’accroche encore l’Homme moderne dans toute sa vanité.

Il existe probablement des seuils au-delà desquels le processus de réchauffement est renforcé par des mécanismes de rétroaction positive – des petites perturbations du système climatique produisant de grands effets. Cette compréhension nouvelle est venue bouleverser l’idée rassurante d’une corrélation « dose-effet » entre la quantité de gaz à effet de serre que nous injectons dans l’atmosphère et l’amplitude du réchauffement qui en résulte.

Dans les prochaines années, si ce n’est déjà fait, le système aura emmagasiné suffisamment de chaleur pour que se déclenchent des processus de rétroaction qui rendront vaine toute tentative de réduire les émissions de carbone.

Clive HamiltonRequiem pour l’espèce humaine

La fonte totale des glaces du Groenland aboutirait à une augmentation du niveau des mers d’environ 7 mètres

Ils sont 2 commentaires

  1. Dudule

    Quel est l’Albédo du désert ? J’imagine que ça renvoie un peu de soleil quand même, même si ça chauffe le sol au passage…
    Je n’ai pas retrouvé l’article qui disait que le seuil des 2 degrés était d’ores et déjà inatteignable. Trop tard. On a cassé le thermostat dont tu parles…

  2. Jul

    A priori l’albédo des déserts de sable serait de 30 à 50%.

    Les nuages de poussières, s’ils sont mauvais pour les poumons de la population locale, sont bons pour affaiblir les rayons solaires. Malheureusement ils sont également perturbés par le réchauffement climatique.

    Ça ne fait pas encore l’unanimité mais tu as raison de plus en plus d’études indiquent que ce seuil des 2 degrés est un « doux rêve ».


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